Ferme Turová
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Informations de base
| Année d´installation | 2003 |
| Production | Elevage biologique |
| Surface | 250 ha |
| Nombre d´employés sur la ferme | 10 |
| Date de mise en place des pratiques agroforestières | 2018-2019 |
| Localisation | Turová, village de Budča (district de Zvolen), Slovaquie |
| Sit web | www.farmaturova.sk |
Ferme Turová
Des bovins sont élevés sur la ferme Turová depuis 2006. Depuis 2008, l'ensemble de l'exploitation est certifiée en agriculture biologique, des règles strictes doivent donc être respectées. La ferme gère environ 235 hectares de terres agricoles, utilisés pour le pâturage et l'alimentation du bétail. Dès le début de son activité, la viande de bœuf a constitué la principale production de l'exploitation, du foin étant également vendu dans une moindre mesure. En l'absence d'un abattoir certifié pour l’abattage d’animaux issus de l'élevage biologique, leurs animaux étaient mélangés à des animaux issus d'élevages non biologiques. Ce manque d'un outil de transformation adapté les a incités à mettre en place un abattoir certifié biologique pour l'abattage des bovins.
L'exploitation produit et commercialise des bottes de foin depuis longtemps. Depuis 2006, des vaches à viande sont élevées et depuis 2008, l'ensemble de l'exploitation est certifié bio. En 2013, un abattoir certifié pour les animaux issus d’élevage biologique a été mis en place sur la ferme. Les agriculteurs n'ont aucune expérience en sylviculture et en agroforesterie.
En 2013-2014, en remettant en état des pâturages existants embroussaillés, les premières pratiques agroforestières ont vu le jour. En effet, tous les arbres ayant poussé sur les pâturages n'ont pas été coupés : certains ont été sélectionnés et taillés, les semis naturels ont été dégagés et protégés. L'objectif était d'éclaircir les peuplements afin de favoriser la pousse de l'herbe, et d’élaguer les arbres restants de sorte à pouvoir accéder à l’herbe sous les arbres. En même temps, des graminées ont été semées. La remise en état a été réalisée de manière intuitive afin de constituer un pâturage de meilleure qualité, et mieux valorisable par le bétail pendant la saison chaude. Les surfaces ainsi obtenues ont été déclarées comme étant éligibles aux aides.
- En se basant sur des pratiques ayant déjà prouvé leur efficacité (dégagement des semis naturels, éclaircie des peuplements existants…), les agriculteurs aimeraient remettre en état de plus grandes surfaces afin de fournir un pâturage de qualité pour leurs animaux.
- Ils aimeraient également appliquer ces pratiques sur des prés de fauche.
- Ils ont aussi pour intention de restaurer petit à petit les terrasses présentes historiquement sur l’exploitation, et de restaurer la végétation non forestière qui existait à l’origine à Kašová Lehôtka.
Les pratiques agroforestières ont été mises en place de manière intuitive; c'est seulement au cours de l’été 2019 que les agriculteurs ont entendu pour la première fois le terme « agroforesterie ». Ils se sont ensuite renseignés via internet. Aucune aide n'a été perçue pour les opérations réalisées.
Selon eux, l'agroforesterie devrait aller de pair avec d'autres mesures visant à améliorer les services écosystémiques, telles que des mesures de rétention d'eau, et des pratiques agricoles adaptées à l'agroforesterie. Des formations devraient être montées, contenant des informations et des conseils pratiques pour la mise en place d’un système agroforestier.
Description des techniques utilisées pour mettre en place le système agroforestier
Comme indiqué plus haut, les agriculteurs ont procédé de manière intuitive et se sont appuyés sur leur propre expérience. L'espacement entre 2 arbres a été maintenu à environ 10-15m, s’adaptant à la disposition des arbres déjà existants. Les branches les plus basses ont été élaguées.
Difficultés/enjeux
- Un problème majeur est la surpopulation de sangliers, qui saccagent les prairies et le travail mis en œuvre.
- Une réglementation inadaptée et une mauvaise compréhension du système de la part des autorités constituent des difficultés supplémentaires.
- L'enjeu principal consiste donc à réussir à modifier la réglementation, à rendre les systèmes agroforestiers éligibles aux aides, et à développer les meilleures pratiques possibles, qui permettent une bonne rétention de l'eau.
Lors de la restauration des zones envahies par la végétation, les agriculteurs ont souvent rencontré des différends avec l‘autorité agricole compétente en matière d’attribution des aides. En effet, afin de mettre en place le système agroforestier, ils ont procédé à la "remise en culture" de ces zones en laissant le nombre d'arbres qu'ils jugeaient nécessaire; les autorités agricoles ont alors réduit leur surface éligible aux aides à plusieurs reprises. L'évaluation des surfaces par photographie aérienne est sans doute à l'origine de ce problème. Avec cette méthode, les inspecteurs ne sont probablement pas en mesure d'évaluer l'étendue de l'activité agricole sous les houppiers des arbres.
Perspectives
À l'avenir, ils aimeraient continuer à restaurer les zones enfrichées pour pratiquer le sylvopastoralisme. Ils sont très intéressés par les pratiques agroforestières permettant une meilleure rétention de l’eau. Pour la production de foin destiné à la vente, ils souhaitent mettre en place une parcelle d'agroforesterie intraparcellaire, dont le design sera réfléchi en fonction de la pente.
"Etant donné le lien fort qui existe entre l'agriculture et la sylviculture, il est essentiel que l'agriculteur acquière des connaissances de base en sylviculture"






